Carnet de route
Un voyage à Ski en Haute-Maurienne : Carro - Evettes - Albaron - Avérole
Le 05/05/2026 par Bayle Vincent
Depuis le début de la saison, nous avions pensé profiter du week-end de Paques pour faire une belle ballade.
Nous avions réservé pour la traversée de l'Albaron depuis les Evettes, avec, avant, la belle étape glaciaire entre Carro et Evettes, beau souvenir pour Marie, inconnu pour moi.
Trois participants prévus avec nous initialement, et un abandon pour des raisons professionnelles.
Nous serons donc 4, Marie, qui encadre, Olivier, Stephan, et Vincent, co-encadrant.
Nous avons suivi la météo, les prévisions s'amélioraient, le lundi précédent la sortie, nous décidons de maintenir ce plan.
Départ le Jeudi soir, pour repartir de Sisteron, un peu moins tôt le Vendredi matin.
Nous attaquons la route à 7h, pour arriver au parking à Bonneval vers midi, avec une petite séquence discussion au péage, le tarif n'était pas celui affiché sur internet...
Il fait un grand soleil, très chaud, et nous attaquons la montée doucement, après avoir mangé un petit morceau.
Le paysage est encore très enneigé, grand contraste avec les températures printanières.
La vue est grandiose, et nous apercevons au loin le glacier du mulinet, que nous traverserons le lendemain.
Après une longue session "ski de fond" de 2 heures, nous attaquons la montée vers le refuge de Carro.
2 heures et une explosion de cales de fix plus tard, nous arrivons : la réparation occupera Stephan après la préparation de la course du lendemain, le stock de bouchon du refuge sera mis à contribution !
Repas excellent, et après avoir repris 3 fois de la soupe, et une fois du plat, direction les chambres pour une première nuit en altitude (2700m).
Le lendemain, nous attaquons au point du jour la traversée vers le refuge des Evettes, par une petite montée vers le col des Pariotes.
Stephan n'a vraiment pas la forme, il traine derrière.
Il ne pourra pas continuer avec nous, et fera donc demi-tour jusqu'au refuge et redescendra vers 10h du refuge pour nous attendre en bas ou rentrer en train...
Au col, après avoir bien analysé le parcours dans ce premier vallon, dans un paysage glaciaire et enneigé, au pied des Levanna, nous attaquons une première descente, la neige est bien dure et un peu cartonnée sur la fin.
Nous repeautons pour monter au col du Trièves, la température grimpe déjà.
Au col, un peu de réseau, nous prenons des nouvelles de Stephan : il nous indique avoir décidé de passer la nuit au refuge de Carro, et de ne descendre que le lendemain, il a repris la dernière place qui venait de se libérer !
De notre côté, nous attaquons une belle et longue traversée du Glacier du Mulinet, bien bouché, vers le col du grand Méan.
Au col, nous déjeunons rapidement, avant d'attaquer la descente sur le Glacier du Grand Méan, bien bouché lui aussi.
La neige devient vite très lourde et profonde, nous passons à côté d'une magnifique grotte glaciaire, au dessus d'un lac enneigé.
La trace que nous suivions passe par le déversoir, trop raide au départ ce jour-là.
Nous décidons donc de traverser, au pied de l'imposant Mont Séti, avec en toile de fond, l'imposant cirque, avec la face Nord Est de l'Albaron, sous le pied de laquelle nous grimperons demain.
La neige devient très lourde, et la courte remontée au refuge nous fera transpirer et tirer un peu la langue.
Nous profitons d'une fuite de gouttière pour faire un brin de toilette, avec de l'eau même pas glacée voire même chaude, avant de rentrer nous mettre au chaud dans la belle salle ensoleillée du refuge des Evettes.
Très peu de réseau ce soir, juste de quoi faire passer un petit message à Stephan, mais encore un bon rab de soupe, et de plat.
Nous partons nous coucher, tôt, après avoir bien repéré la trace de la première montée, après la longue traversée que nous ferons très tôt demain matin.
Et réglé un problème : la lampe frontale de Marie "a disparu" , le gardien du refuge ne l'a pas récupérée, mais il nous en donne une de son petit stock des oublis !
Lampe frontale finalement retrouvée... et vitale, pour la petite descente du lendemain, sur une neige très dure, dans les frimas de la fin de nuit.
Nous attaquons ensuite une longue traversée, pendant laquelle le jour commence à poindre.
Nous mettons les couteaux pour la première pente, ils nous aident sur une neige très bien regelée.
La face de l'Albaron Nord-Est s'élève désormais devant nous, muraille imposante de mille mètres.
Tellement imposante qu'elle éclipse la Petite Ciamarella, au pied de laquelle nous passons sans un regard.
Nous suivons le glacier, et traversons la face, vers la droite, dans la pente qui s'élève, avant de revenir à gauche dans des pentes plus douces jusqu'à la selle de l'Albaron, au Sud Est du sommet.
Nous mettons les crampons et nous encordons pour entamer le clou de ce voyage, une superbe traversée d'arête.
Les conditions sont très bonnes, pas de vent, une superbe visibilité au Nord : Grand Paradis, Mont Rose, Grand Combin, Mont Blanc.
Nous mettons environ une heure pour parcourir cette voie facile dans les conditions du jour, elle a été damée par les cordées qui nous ont précédées.
Nous poursuivons pendant une heure, jusqu'au sommet, un magnifique plateau, grand comme un terrain de foot !
La vue s'ouvre à 360 degrés, vers la Maurienne, La grande Casse, la dent Parrachée, les Ecrins, le Viso.
Nous prenons un rapide casse croute au sommet, et prenons notre place dans la file d'attente pour le rappel.
Le groupe avec lequel nous voyageons depuis 2 jours nous laisse passer, et nous descendons, en laissant passer ou en évitant les cordées qui montent dans le même temps.
Finalement, après un premier ressaut très raide, la descente se fait dans une neige qui s'alourdit, jusqu'au refuge d'Avérole.
Fatigués, soulagés, simplement heureux, nous retrouvons Stephan qui nous a rejoint après avoir ramené la voiture à Bessans.
Nous faisons une toilette rapide, il y a de l'eau au refuge, mais elle est gelée. Et on fête dignement cette belle "randonnée".
Petite déception, pas de rab de soupe ou de plat au repas, nous nous couchons le ventre inhabituellement léger.
Pour la course du lendemain, nous ne serons que 2, Stephan est toujours fatigué, et Marie ne veut plus en rajouter (fatiguée elle aussi de suivre les "p'tit jeunes"! .
Olivier et Moi prenons très tôt la direction du Col d'Arnès, avec une contrainte de temps pour lui, être en famille, au repas, le soir même, à Montpellier, à 20h.
Après une belle montée au dessus du refuge, jusqu'au niveau du col sur le glacier, nous attaquons une descente dans une neige qui sera très changeante : 200m de poudreuse, puis de la croutée, puis de la trafolle regelée, et, finalement, une longue traversée sur une piste de ski de fond qui ira en s'humidifiant, jusqu'à Bessans, en passant sous l'imposante Face Est de la Pointe Charbonnel.
Une fois l'équipe reformée, nous nous arrêtons rapidement pour nous offrir une eau gazeuse ou un petit paquet de douceurs et attaquer la route.
Nouvelle énigme résolue, le tarif du péage vu sur internet était celui des side-cars !
Nous prenons un petit café en terrasse à l'occasion d'un changement de conducteur à Eygliers, et poursuivons la route, fatigués, mais surtout heureux de ces moments suspendus, dans des paysages magnifiques.
Mission accomplie, Olivier trouvera à faire le plein pour être à l'heure pour repas du soir !










